Au Nigeria, les records Guinness sont devenus un véritable tremplin vers la reconnaissance internationale. En une semaine, un danseur a tenté de battre le record du plus long marathon de danse en enchaînant sept jours, tandis que le film Black Market a réuni 51 258 spectateurs pour sa première, établissant un record mondial.
Depuis 2023 et le marathon culinaire de 93 heures et 11 minutes réalisé par la cheffe Hilda Baci, les tentatives se multiplient : marathon de pleurs, lavage de vêtements ou encore séances de massage.
Selon Guinness World Records, 5 042 Nigérians ont déposé une candidature entre janvier 2022 et septembre 2026, pour 3 346 tentatives. Le Nigeria se classe ainsi parmi les pays comptant le plus de candidatures et de tentatives au monde.
Derrière cette ruée vers les records, un constat : malgré son poids dans les industries créatives africaines, le Nigeria souffre d’un manque d’investissement et de soutien institutionnel. Pour de nombreux jeunes créateurs, la reconnaissance internationale apparaît alors comme une porte de sortie face à une économie difficile, au chômage et au phénomène du « japa », qui pousse de nombreux Nigérians à chercher des opportunités à l’étranger.
« Si les acteurs locaux ne nous écoutent pas, tournons-nous vers le monde », résume Benjamin Daniel, qui espère inscrire son nom dans l’histoire avec son marathon de danse.
Pour les participants, un record Guinness ne représente pas seulement un exploit : c’est aussi un label mondial, capable de donner une visibilité et une valeur internationale à des talents encore peu reconnus dans leur propre pays.




















