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AFRIQUE
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L’Afrique face à la lèpre : comment transformer l’histoire, maintenant
L’OMS a réuni en février à Brazzaville 13 pays pour accélérer les progrès et renforcer la coordination de la lutte contre la lèpre. Elle rappelle que cette maladie est curable et que le plus grand défi demeure la stigmatisation.
L’Afrique face à la lèpre : comment transformer l’histoire, maintenant
L’Afrique face à la lèpre : comment transformer l’histoire, maintenant / TRT Afrika Français
7 mars 2026

Par Dr Dorothy Achu

En 2026, la lèpre ne devrait plus bouleverser des vies. Nous avons les moyens de la détecter tôt, de la traiter efficacement et de prévenir les handicaps qu’elle peut entraîner. Pourtant, elle continue d’affecter des milliers de personnes en Afrique. Cet écart entre ce que nous savons faire et ce qui se passe encore sur le terrain doit nous pousser à agir davantage.

En février 2026, Brazzaville a accueilli une rencontre régionale consacrée à l’élimination de la lèpre. Ce n’était pas un simple échange technique. C’était un moment important où l’Afrique a tenté d’accélérer ses efforts et tourner la page d’une maladie longtemps marquée par la stigmatisation.

En 2024, plus de 19 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués dans la Région africaine. Parmi eux, des enfants : un signal clair que la transmission continue. Trop de personnes consultent encore tardivement, lorsque des handicaps visibles sont déjà présents. La lèpre reste ainsi liée aux inégalités d’accès aux soins, à l’information et à la protection sociale.

Au-delà de ses conséquences médicales, la lèpre continue d’exposer de nombreuses personnes à la discrimination. Dans certaines communautés, la peur et les idées reçues entraînent l’isolement social, la perte d’emploi ou l’exclusion scolaire. Des familles entières peuvent être affectées par la stigmatisation. Pourtant, la lèpre est une maladie curable, et les personnes traitées ne présentent plus de risque de transmission. Mettre fin à la discrimination est donc aussi essentiel que renforcer le dépistage : il s’agit de restaurer la confiance, l’inclusion et la dignité.

Mais 2026 peut marquer un vrai tournant.

Pour la première fois, tous les pays de la Région ont transmis leurs données à l’Organisation mondiale de la Santé, signe d’un engagement collectif renforcé. Plusieurs pays n’ont pas signalé de cas chez l’enfant depuis plusieurs années. D’autres développent la détection communautaire et intègrent la lutte contre la lèpre dans des programmes plus larges de prise en charge des maladies de la peau. Ces progrès montrent que l’élimination est possible si nous maintenons nos efforts.

Le rôle de l’OMS Afrique et de ses partenaires est de soutenir cette dynamique : renforcer la surveillance, appuyer les équipes de terrain, garantir l’accès au traitement pour tous et promouvoir un environnement où les personnes touchées vivent sans discrimination. Éliminer la lèpre, c’est protéger la santé, mais aussi défendre la dignité et veiller au respect des droits humains.

La rencontre de Brazzaville sera une étape importante vers la future Conférence ‘’Zéro lèpre en Afrique’’, où les ministres de la Santé seront appelés à prendre des engagements concrets et adaptés aux réalités nationales. En 2026, il ne s’agit plus seulement d’annoncer des intentions, mais d’obtenir des résultats.

Les outils existent. Les données sont là. Les partenaires sont mobilisés.

Il est temps de transformer cet élan en progrès durables.

L’Afrique a déjà montré qu’elle peut relever de grands défis de santé publique. Faisons de l’élimination de la lèpre l’un des prochains succès de notre Région.

Dr Dorothy Achu - Cheffe de l’Unité des maladies tropicales et à transmission vectorielle- Organisation mondiale de la Santé – Bureau régional pour l’Afrique

 

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