Le gouvernement de la République démocratique du Congo a salué les sanctions prises par les États-Unis contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé par Washington de jouer un rôle dans l’instabilité persistante à l’est du pays. Une décision qualifiée par Kinshasa d’« étape importante » dans la lutte contre l’impunité et pour le respect de la souveraineté nationale.
Selon des sources officielles relayées par l’AFP, l’administration américaine a inscrit jeudi Joseph Kabila sur la liste noire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme du Trésor chargé des sanctions économiques. Washington accuse l’ex-chef d’État de soutenir activement le groupe rebelle M23 ainsi que l’Alliance Fleuve Congo (AFC), considérée comme son bras politique.
Dans un communiqué, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a affirmé que « ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes », soulignant la volonté du président Donald Trump de promouvoir la paix en RDC. De son côté, le porte-parole du département d’État, Thomas Pigott, a dénoncé le rôle présumé de Kabila dans le financement et le soutien politique de groupes armés responsables de violences dans la région.
Les sanctions imposées comprennent le gel des avoirs que Joseph Kabila pourrait détenir aux États-Unis ainsi qu’une interdiction pour les entreprises et citoyens américains de toute relation commerciale avec lui.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu. Fin septembre, la justice congolaise avait condamné l’ancien président par contumace à la peine de mort pour « complicité » avec le M23, un groupe rebelle qui conteste le pouvoir du président Félix Tshisekedi et bénéficie, selon Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux, du soutien du Rwanda. Ce que Kigali a constamment nié.
Quelques semaines après cette condamnation, Kigali et Kinshasa ont signé à Washington un accord de paix fragile sous médiation américaine. Cet accord inclut également un volet économique stratégique, visant à garantir l’accès des industries américaines aux minerais critiques dont regorge le sous-sol congolais.
Héritier politique de Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir après l’assassinat de ce dernier en 2001, Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant près de deux décennies avant de céder la présidence à Félix Tshisekedi en 2019. Depuis, il s’est fait discret, multipliant les apparitions sporadiques, notamment en Afrique australe.
Sa présence remarquée l’an dernier à Goma, bastion du M23 dans l’est du pays, avait ravivé les soupçons sur ses liens avec la rébellion.
Par ailleurs, les États-Unis ont récemment étendu leurs sanctions à des membres de l’armée rwandaise en raison, selon Washington, de leur proximité avec le M23, une décision qui a suscité de vives réactions à Kigali.
Pour Kinshasa, ces sanctions marquent un signal fort de la communauté internationale : celui d’une volonté accrue de tenir responsables les acteurs impliqués dans la déstabilisation de la RDC, au moment où le pays tente de restaurer la paix dans sa partie orientale, en proie à des conflits armés persistants.










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