| Français
AFRIQUE
3 min de lecture
Sanctions américaines contre Kabila : Kinshasa salue un tournant dans la lutte contre l’impunité
Les sanctions imposées comprennent le gel des avoirs que Joseph Kabila pourrait détenir aux États-Unis ainsi qu’une interdiction pour les entreprises et citoyens américains de toute relation commerciale avec lui.
Sanctions américaines contre Kabila : Kinshasa salue un tournant dans la lutte contre l’impunité
Fin septembre, la justice congolaise avait condamné l’ancien président par contumace à la peine de mort pour « complicité » avec le M23 / Reuters

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a salué les sanctions prises par les États-Unis contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé par Washington de jouer un rôle dans l’instabilité persistante à l’est du pays. Une décision qualifiée par Kinshasa d’« étape importante » dans la lutte contre l’impunité et pour le respect de la souveraineté nationale.

Selon des sources officielles relayées par l’AFP, l’administration américaine a inscrit jeudi Joseph Kabila sur la liste noire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme du Trésor chargé des sanctions économiques. Washington accuse l’ex-chef d’État de soutenir activement le groupe rebelle M23 ainsi que l’Alliance Fleuve Congo (AFC), considérée comme son bras politique.

Dans un communiqué, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a affirmé que « ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes », soulignant la volonté du président Donald Trump de promouvoir la paix en RDC. De son côté, le porte-parole du département d’État, Thomas Pigott, a dénoncé le rôle présumé de Kabila dans le financement et le soutien politique de groupes armés responsables de violences dans la région.

Les sanctions imposées comprennent le gel des avoirs que Joseph Kabila pourrait détenir aux États-Unis ainsi qu’une interdiction pour les entreprises et citoyens américains de toute relation commerciale avec lui.



Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu. Fin septembre, la justice congolaise avait condamné l’ancien président par contumace à la peine de mort pour « complicité » avec le M23, un groupe rebelle qui conteste le pouvoir du président Félix Tshisekedi et bénéficie, selon Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux, du soutien du Rwanda. Ce que Kigali a constamment nié.

Quelques semaines après cette condamnation, Kigali et Kinshasa ont signé à Washington un accord de paix fragile sous médiation américaine. Cet accord inclut également un volet économique stratégique, visant à garantir l’accès des industries américaines aux minerais critiques dont regorge le sous-sol congolais.

Héritier politique de Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir après l’assassinat de ce dernier en 2001, Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant près de deux décennies avant de céder la présidence à Félix Tshisekedi en 2019. Depuis, il s’est fait discret, multipliant les apparitions sporadiques, notamment en Afrique australe.

Sa présence remarquée l’an dernier à Goma, bastion du M23 dans l’est du pays, avait ravivé les soupçons sur ses liens avec la rébellion.

Par ailleurs, les États-Unis ont récemment étendu leurs sanctions à des membres de l’armée rwandaise en raison, selon Washington, de leur proximité avec le M23, une décision qui a suscité de vives réactions à Kigali.

Pour Kinshasa, ces sanctions marquent un signal fort de la communauté internationale : celui d’une volonté accrue de tenir responsables les acteurs impliqués dans la déstabilisation de la RDC, au moment où le pays tente de restaurer la paix dans sa partie orientale, en proie à des conflits armés persistants.

SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Afrika and agencies
Plus de contenus
Gabon : En annonçant un audit de la dette, le pouvoir rompt avec la gestion précédente
L’Union Africaine condamne l’exclusion de l’Afrique du Sud des réunions du G20 par les États-Unis
Nigeria : les compagnies aériennes évitent la faillite malgré la flambée du carburant
Comment le Maroc emploie la technologie et la résilience dans la reconstruction post-séisme
La face cachée du boom solaire : une bombe sanitaire au plomb menace des millions de vies en Afrique
Afrique du Sud: l’examen de la demande de libération de Kemi Seba repoussée
Madagascar arrête un ancien militaire français pour complot présumé de mutinerie
Niger : le défilé du 1er mai annulé pour raisons de sécurité
La France appelle ses ressortissants à quitter le Mali "dès que possible"
Risque pays : les Africains face au biais des trois grandes agences de notation
Mali : Goïta brise le silence et promet la poursuite des opérations militaires
Burundi : Le ministre des Infrastructures limogé en pleine pénurie de carburant
Mali : Goïta rencontre l'ambassadeur russe après "la tentative de coup d'État"
Tunisie: Kaïs Saïed limoge la ministre de l'Énergie avant le vote sur les projets d'énergie propre
Le Ghana refuse l’ingérence sur les données et se retire des négociations d'aide américaine
Leçon du conflit au Moyen-Orient : La Türkiye émerge comme le choix n°1 de l’Afrique
Le Zimbabwe exporte son premier sulfate de lithium traité localement
Ghana : trois civils tués dans l'attaque d'un convoi militaire à Bawku
Mali : l’armée neutralise plus de 100 terroristes lors de frappes aériennes à l’ouest de Kolokani
La RD Congo va mettre en place une unité paramilitaire pour assurer la sécurité des mines