Les autorités congolaises vont juger lundi au moins 75 soldats qui ont fui l'avancée des rebelles du M23, prétendument soutenus par le Rwanda, dans la province orientale du Sud-Kivu et qui ont commis des violences contre des civils, notamment des meurtres et des pillages, a déclaré dimanche le bureau du procureur militaire.
Les 75 soldats jugés ont été arrêtés pour avoir fui la ligne de front après la prise de Nyabibwe. Ils sont accusés de viol, de meurtre, de pillage et de révolte, a détaillé le bureau du procureur militaire à Reuters.
D'autres personnes arrêtées plus au sud pour les mêmes chefs d'accusation devraient les rejoindre sur le banc des accusés, a indiqué le bureau.
Le porte-parole de l'armée provinciale, Nestor Mavudisa, a assuré que les soldats hors-la-loi seraient punis et a appelé la population à rester calme.
Le Rwanda nie toute responsabilité
Les Nations unies ont fait état de violations massives, notamment d'exécutions sommaires, de viols collectifs et d'esclavage sexuel, à la suite d'une avancée majeure du M23 fin janvier, qui a conduit à la prise de Goma, la plus grande ville de l'est de la République démocratique du Congo.
Les combattants du M23, les soldats congolais et les milices pro-gouvernementales ont tous été impliqués, a constaté le bureau des droits de l'homme de l'ONU.
Le Congo n'a pas immédiatement commenté les rapports concernant ses troupes, mais a demandé à l'ONU d'enquêter sur les violations qu'il impute aux rebelles du M23 et au Rwanda.
Le Rwanda, qui nie soutenir le groupe, a rejeté toute responsabilité. Les rebelles du M23 n'ont pas immédiatement fait de commentaires à ce sujet.
Kinshasa prend note
Malgré l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral, les rebelles ont poursuivi leur marche vers le sud, en direction de la capitale du Sud-Kivu, Bukavu.
La semaine dernière, ils ont pris le contrôle de la ville de Nyabibwe, à quelque 70 km au nord de la capitale provinciale.
Le weekend, des affrontements ont été signalés dans un parc national à environ 30 km de Bukavu, ainsi que d'autres échanges de tirs sporadiques dans la région.
Pour tenter de désamorcer la crise, les dirigeants africains ont organisé la semaine dernière un sommet conjoint sans précédent des blocs de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe et ont exhorté toutes les parties à engager des pourparlers directs.
Le gouvernement congolais a déclaré dimanche qu'il avait pris note des décisions adoptées lors du sommet.