Les autorités guinéennes ont "interdit de diffusion avec effet immédiat" la chaîne d'information française France 24 sur tout le territoire guinéen jeudi, après avoir déjà protesté formellement la veille parce qu'un présentateur avait qualifié le chef de l'Etat Mamadi Doumbouya de "président putschiste".
La Haute autorité de la communication (HAC) justifie sa décision de jeudi par le "maintien des propos incriminés", alors que sur son site internet France 24 a reconnu avoir "qualifié par erreur (M. Doumbouya) de président putschiste".
Mercredi, la HAC de Guinée a mis en demeure France 24, reprochant à la chaîne française d’avoir employé un terme jugé « inapproprié » à l’égard du chef de l’État, élu lors de la présidentielle de décembre 2025.
Dans sa décision, la HAC affirme que France 24 a "sciemment choisi d’ignorer la légitimité issue des urnes" et considère ce choix éditorial comme un "manquement grave à l’obligation d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre du traitement de l’information". Le régulateur estime également qu’il constitue, selon les termes de sa décision, "une atteinte flagrante à l’honneur des institutions républicaines et à la dignité du Chef de l’État guinéen".
Pour les autorités guinéennes, l’enjeu dépasse donc le seul choix d’un qualificatif : il touche à la manière dont les institutions et la souveraineté électorale du pays sont représentées par les médias internationaux. La HAC a ainsi demandé à France 24 de "cesser sans délai" l’utilisation de termes jugés "inappropriés, dégradants et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes" et d’effectuer les "rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques".
La mesure initiale était une mise en demeure, sans suspension ni autre sanction contre France 24. La HAC avait toutefois prévenu qu’en cas de non-respect ou de récidive, elle "se réserve le droit de prononcer des sanctions prévues par la loi".
De son côté, France 24 a reconnu que Mamadi Doumbouya avait été qualifié de "président putschiste" à l’antenne, en référence à sa prise de pouvoir par un coup d’État en 2021. La chaîne a indiqué mercredi soir qu’elle présenterait ses excuses et procéderait à une rectification.




















