La justice française a refusé de remettre à la Tunisie Halima Ben Ali, cadette de l'ex-dirigeant tunisien, selon un délibéré rendu mercredi par la cour d'appel de Paris, compétente en matière d'extradition.
Les autorités tunisiennes accusaient principalement d'infractions financières Halima Ben Ali, interpellée à l'automne 2025 dans un aéroport parisien. Lors des débats sur la demande d'extradition vers la Tunisie, son avocate, Me Samia Maktouf, avait assuré que renvoyer sa cliente en Tunisie reviendrait à "une condamnation à mort".
"Cette décision est un immense soulagement, la justice est passée et nous ne pouvons qu'être satisfaits que la justice prenne une décision conforme au droit", a déclaré à l'AFP son avocate à l'issue de ce délibéré mercredi. Halima Ben Ali, présente, s'est refusée à toute déclaration.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, compétente en la matière, a justifié sa décision, entre autres, par l'absence de réponse de la Tunisie sur les demandes de la justice française en termes d'indépendance et d'impartialité des autorités tunisiennes.
La justice française constate aussi une absence de réponse à ses demandes à la Tunisie concernant les conditions de détention qui auraient été réservées à Halima Ben Ali et aux recours à sa disposition en cas de mauvais traitements.
La cour d'appel a également levé le contrôle judiciaire de Halima Ben Ali, désormais libre de ses mouvements. Les infractions financières imputées par la Tunisie pouvaient lui valoir jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Il était notamment question de blanchiment de capitaux provenant des fonds liés à l'exercice du pouvoir de son père.
Halima Ben Ali, qui vivait et travaillait à Dubaï, allait prendre l'avion pour rentrer chez elle après un séjour parisien lorsqu'elle avait été interpellée dans un aéroport parisien.
Le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali avait fui son pays après 23 ans au pouvoir, à l'issue d'une révolte populaire déclenchée par l'immolation en décembre 2010 d'un vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre-ouest).
Il était parti accompagné de sa seconde épouse, Leila Trabelsi, leur fille Halima et leur fils Mohamed Zine El Abidine.
L'ancien dirigeant, décédé en 2019, aura passé les huit dernières années de sa vie en exil en Arabie saoudite.
AFRIQUE
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La justice française refuse de remettre à la Tunisie Halima Ben Ali
Arrêtée en 2025 à la demande des autorités tunisiennes pour infractions financière, la cour d'appel de Paris a également levé le contrôle judiciaire de la cadette de l'ex-dirigeant, désormais libre de ses mouvements.

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