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AFRIQUE
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L'Inde exporte illégalement des opioïdes puissants en Afrique de l'Ouest
Cette drogue est en outre exportée à des concentrations interdites par toutes les autorités de régulation sanitaires de la planète, parfois sous l'étiquette "médicaments sans danger pour la santé".
L'Inde exporte illégalement des opioïdes puissants en Afrique de l'Ouest
En 2025, New Delhi avait en outre annoncé une politique de "tolérance zéro" contre le commerce illégal de drogues. / Reuters

Des entreprises pharmaceutiques indiennes exportent chaque mois des volumes importants de tapentadol, un médicament de la famille des opioïdes, vers plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, malgré l'interdiction explicite des autorités locales, révèle une enquête de l'AFP.

Consultées sur la plateforme de suivi des exportations mondiales Volza, les statistiques douanières de l'Inde montrent que des millions de dollars de ces antidouleurs sont vendus au Nigeria, en Sierra Leone ou au Ghana.

Cette drogue est en outre exportée à des concentrations interdites par toutes les autorités de régulation sanitaires de la planète, parfois sous l'étiquette "médicaments sans danger pour la santé".

La grande majorité de ces comprimés sont d'une teneur telle qu'ils sont interdits en Inde, où leur production est officiellement proscrite sans permission spéciale.

En 2025, New Delhi avait en outre annoncé une politique de "tolérance zéro" contre le commerce illégal de drogues.

Les autorités du Nigeria, de Sierra Leone et du Ghana ont assuré à l'AFP n'avoir jamais autorisé la consommation de tapentadol sur leur sol, en tout cas à des concentrations telles que relevées lors de saisies par la police.

"Tout produit à base de tapentadol trouvé au Nigeria est non autorisé et illégal", a assuré à l'AFP l'Agence nationale nigériane pour l'administration et le contrôle des aliments et des médicaments (Nafdac).

Circonstance aggravante, cet opioïde de synthèse de la famille du tramadol, dont la prescription débridée a causé près d'un million de morts par surdose aux États-Unis depuis l'an 2000, est consommé en Afrique de l'Ouest en complément du "kush", selon les autorités locales et les experts.

Tristement célèbre pour les ravages rapides qu'elle produit sur ses utilisateurs, cette "drogue des zombies" a été déclarée fléau national au Liberia et en Sierra Leone.

SOURCE DE L'INFORMATION:AFP