Les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet, ont été remis en liberté mardi et autorisés à quitter le territoire, rapporte mercredi le quotidien français Le Monde.
Les deux hommes ont bénéficié d’une décision de remise en liberté provisoire et devraient regagner la France dès mercredi soir, selon le journal. Leur fixeur togolais, Fred Vedomey, interpellé en même temps qu’eux, a également été libéré.
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani avaient été arrêtés le 27 juillet sur le marché de Madjatom, dans la préfecture de Binah, près de la frontière avec le Bénin, alors qu’ils se trouvaient au Togo pour tourner un épisode de la série documentaire « Les Routes de l’impossible », diffusée sur France 5.
La localité se trouve à moins de 80 kilomètres de la région des Savanes, dans le nord du pays, où l’état d’urgence est en vigueur en raison de la situation sécuritaire et d’incursions armées en provenance du Burkina Faso voisin.
Incarcérés à Lomé, les deux réalisateurs avaient été poursuivis pour de supposées « fausses déclarations » liées à leurs visas. Les autorités togolaises avaient également affirmé disposer d’« indices graves et concordants » à leur encontre, leur reprochant notamment l’utilisation d’un drone dans une zone confrontée à des tensions sécuritaires.
Selon les autorités togolaises citées par Le Monde, le documentaire avait obtenu le 19 juin une autorisation de tournage du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, au nom de leur fixeur. Le gouvernement estimait toutefois que les deux Français n'avaient pas effectué de demande d'accréditation de presse conforme aux procédures requises.

Les intéressés ont contesté ces accusations. Leur avocat togolais, Martial Akakpo, a notamment fait valoir qu'ils disposaient d'une autorisation pour réaliser leur documentaire. La société Tony Comiti Productions, avec laquelle ils travaillent, a également assuré que les deux réalisateurs étaient en règle.
Aucune réaction officielle des autorités togolaises ou françaises à cette remise en liberté n’a été rapportée dans l’immédiat.
L'affaire est intervenue dans un contexte de relations en évolution entre Lomé et Paris. Le Togo a, ces dernières années, renforcé ses relations avec les pays membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tout en développant sa coopération avec la Russie.
En novembre 2025, Lomé et Moscou ont notamment conclu un accord de défense prévoyant, entre autres, la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, le partage de renseignements et l'organisation d'exercices militaires conjoints.
Le Togo avait également suspendu en juin 2025 la diffusion de RFI et France 24, médias du groupe France Médias Monde, leur reprochant d'avoir relayé des informations jugées « inexactes et tendancieuses » lors de manifestations contre le pouvoir.























