Par Kudra Maliro
Le cycliste congolais Miguel Masaïsaï est mort vendredi dans un accident de la route à Ouesso, dans le nord de la République du Congo, près de la frontière avec le Cameroun.
Contacté par le site d’information ReelActu, Lumumba Fidel, directeur de la communication de l’organisation Pedals for Peace, a confirmé le décès du cycliste congolais.
« Après plusieurs heures de recherches, de démarches et de vérifications, nous avons réuni les éléments nécessaires pour confirmer cette terrible nouvelle », a-t-il affirmé.
Parti de Goma avec un drapeau congolais et un message de paix, Miguel était devenu, au fil des étapes, le visage d’une jeunesse qui voulait attirer l’attention sur la guerre dans l’Est du pays.
Accident de route
En 2025, lors d’une interview accordée à une chaîne congolaise, Miguel avait affirmé avoir déjà rencontré des problèmes liés à sa localisation.
« Je ne prétends pas que les risques ne sont pas effrayants », avait déclaré Masaïsaï. « Il y a des moments où j’ai peur, surtout lorsque je me retrouve seul sur la route pendant une ou deux heures. »
Masaïsaï devait faire face aux dangers liés à la circulation, au mauvais état des routes et aux fortes chaleurs. Il avait également reçu des menaces en ligne visant sa sécurité et expliquait qu’il lui arrivait de désactiver son GPS pour se protéger.
Sur les réseaux sociaux, il racontait ses trajets sur des routes ensablées, montrait ses blessures après des chutes ou encore des moments passés au bord de la route avec des pièces de son vélo cassé.
Un périple de 14 000 kilomètres
Miguel Masaïsaï s’était lancé le 1er mai 2026 dans une traversée de l’Afrique à vélo, de Goma, dans l’est de la RDC, jusqu’à Rabat, au Maroc. Baptisé « Pedals for Peace », son projet prévoyait un parcours d’environ 14 000 kilomètres à travers plusieurs pays africains.
Il avait d’abord traversé la République démocratique du Congo d’est en ouest. Le 5 août, il était arrivé à Kinshasa après 67 jours de route et plus de 6 500 kilomètres parcourus.
Son trajet l’avait notamment conduit à travers le Kasaï et le Bandundu.
Le 6 septembre, il avait quitté Kinshasa pour poursuivre son parcours au Congo-Brazzaville. Il était ensuite passé par Brazzaville, Gamboma et Oyo. Le 14 septembre, il se trouvait encore à Oyo, où il venait d’achever sa 71ᵉ étape. Il avait alors parcouru 98 kilomètres entre Gamboma et Oyo.
Son itinéraire devait se poursuivre vers le nord du Congo-Brazzaville, puis le Cameroun, avant de continuer vers le Maroc.
À travers « Pedals for Peace », le cycliste voulait notamment porter un message en faveur de la paix dans l’Est de la RDC, envahi par les rebelles du M23 depuis janvier 2025.
De Goma au Cap
Ce n’était pas le premier défi continental de Miguel Masaïsaï. En 2025, le cycliste avait déjà relié Goma au Cap, en Afrique du Sud, en passant notamment par le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et la Namibie.
Pour cette deuxième traversée, il ambitionnait de relier l’océan Indien à l’Atlantique, puis de poursuivre jusqu’en Afrique du Nord, avec le même objectif : rappeler que derrière les combats qui secouent l’est de la RDC, des millions de civils aspirent à la paix.



















