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AFRIQUE
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Sénégal : le président de l'Assemblée nationale, Sonko, reconduit à la tête du PASTEF
Ousmane Sonko, le président de l'Assemblée nationale du Sénégal, a été reconduit à l'unanimité à la tête du PASTEF, le parti majoritaire du Sénégal.
Sénégal : le président de l'Assemblée nationale, Sonko, reconduit à la tête du PASTEF
Ousmane Sonko, le président de l'Assemblée nationale du Sénégal, a été reconduit à l'unanimité à la tête du Pastef, le parti majoritaire du Sénégal. / AFP

Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal, en conflit ouvert avec le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye, a été largement réélu samedi à la tête du parti PASTEF, majoritaire au Parlement.

Le Sénégal traverse une phase marquée par la rupture entre Faye et Sonko, son ancien compagnon de route politique et ancien Premier ministre, que le président a démis de ses fonctions le 22 mai.

Cette dissociation risque d'accentuer l'instabilité économique et d'alimenter la méfiance des bailleurs, alors que le pays est très endetté.

Lors du premier congrès du parti, réuni samedi à Diamniadio, près de Dakar, 583 délégués des sections nationales et de la diaspora ont reconduit Ousmane Sonko «à l'unanimité» pour un mandat de six ans à la tête du PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), a indiqué un texte lu par Ngouda Mboup, qui a supervisé le vote.

Président du PASTEF depuis 12 ans

Sonko dirige le parti depuis sa création en 2014.

«Les révolutions peuvent être détournées si elles ne se dotent ni d'une doctrine claire ni d'une organisation capable d'inscrire les changements dans la rupture», a déclaré Sonko, en faisant référence à sa brouille avec le président Faye, qu'il avait présenté comme son successeur lors de la présidentielle de 2024 après l'invalidation de sa propre candidature suite à une condamnation pour diffamation.

«Notre voix est celle d'une révolution démocratique, populaire et souveraine», a-t-il ajouté, affirmant que «cette fois, aucun projet de sabotage n'aboutira parce que le peuple donnera les garanties nécessaires pour libérer notre pays».

Après son limogeage, Sonko a été remplacé à la primature par le banquier Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, qui a formé le 2 juin un gouvernement boycotté par le PASTEF mais comprenant des alliés et des cadres dissidents du parti.

«Si le PASTEF le veut, dans 72 heures, ce gouvernement peut tomber. Mais nous ne le censurerons pas. Nous allons les accompagner», avait affirmé Sonko le 2 juin.

Samedi, il a déclaré qu'en tant que chef du groupe des députés, le parti «peut mieux contrôler ce qui se fait à l'Assemblée nationale et les intérêts du peuple seront sauvegardés».

Motion de censure

Le PASTEF, qui dispose de 130 des 165 sièges à l'Assemblée nationale, peut déposer à tout moment une motion de censure et faire tomber le gouvernement.

D'anciens parlementaires ont ajouté qu'il peut aussi censurer le gouvernement lors de la présentation de son programme, dont la date n'a pas encore été fixée.

Toutefois, le président Faye peut, après une censure, remanier le gouvernement et dissoudre l'Assemblée nationale, mais seulement deux ans après sa constitution, donc à partir de novembre 2026.

Il pourrait alors invoquer les pouvoirs exceptionnels prévus à l'article 52 de la Constitution et gouverner par ordonnances pendant trois mois sans recourir à l'Assemblée, selon les textes.

Faye et Sonko, victorieux de la présidentielle de mars 2024 sous le slogan «Sonko mooy Diomaye» (Sonko c'est Diomaye en wolof), se sont séparés après plusieurs mois de tensions, notamment liées à des désaccords sur la gestion de la dette et des questions de justice.

Les tensions ont commencé à apparaître en juillet 2025, quand l'alors remuant Premier ministre s'en était vivement pris au président Faye, dénonçant un «problème d'autorité» dans le pays.

Début mai, le président avait reproché à son ex-Premier ministre une «personnalisation excessive» au sein du parti au pouvoir.

Le 22 mai, jour de son limogeage, Sonko avait critiqué Faye lors d'une intervention à l'Assemblée nationale, à propos du contrôle et de la transparence des fonds politiques dont l'utilisation relève de la discrétion présidentielle.

SOURCE DE L'INFORMATION:AFP