Un forum international consacré à l’héritage du colonialisme et à son impact sur les crises mondiales contemporaines réunira des universitaires, journalistes et experts de premier plan à Istanbul les 11 et 12 mai, selon les organisateurs.
Le Forum mondial de la décolonisation, organisé par l’Institut Social, se tiendra au Centre culturel Ataturk. Il rassemblera des participants autour des racines historiques des défis mondiaux actuels et des effets durables du colonialisme, selon un communiqué des organisateurs.
Placée sous le thème “Décoloniser la production et la circulation des savoirs”, la rencontre abordera notamment les politiques d’occupation, les transformations technologiques, le colonialisme algorithmique et des données, ainsi que les inégalités dans les domaines de l’éducation et de la culture.
Les experts examineront la manière dont les héritages coloniaux continuent de façonner les systèmes politiques, économiques et sociaux.
Parmi les participants figurent le théoricien décolonial Walter Mignolo, l’experte en droit international Mireille Fanon, l’ancien footballeur français et militant antiraciste Lilian Thuram, l’expert de la stratégie chinoise Guo Changgang, le psychiatre et écrivain Kemal Sayar, le philosophe des sciences Enis Doko, le spécialiste du Moyen-Orient Joseph Massad, l’historien Halil Berktay et l’économiste Ann Pettifor.
Les discussions porteront sur les codes coloniaux encore présents dans les systèmes éducatifs, culturels et académiques, avec l’objectif de promouvoir des approches plus équitables.
Les sessions analyseront la manière dont les structures héritées de l’époque coloniale continuent d’influencer de façon systémique les crises contemporaines dans les sphères politiques, économiques et sociales.
La première journée du forum se conclura par un concert de la chanteuse et auteure-compositrice tunisienne Emel Mathlouthi.
Les organisateurs expliquent que le forum entend remettre en question les visions unilatérales dans les milieux universitaires, les médias et l’historiographie, en appelant à des systèmes de production du savoir plus équitables et représentatifs de la diversité culturelle.
L’événement examinera également les inégalités structurelles des systèmes mondiaux de production des connaissances, notamment la domination linguistique, la dépendance académique et les déséquilibres dans l’édition scientifique internationale.
Le forum servira de plateforme de dialogue interdisciplinaire dans des domaines tels que le droit, les médias, l’économie et l’éducation, afin de promouvoir des approches critiques et collaboratives de la recherche.
Le forum constitue la première étape d’une initiative de long terme en trois phases qui se poursuivra jusqu’en 2030.
Le processus comprendra des publications académiques, des séminaires en ligne, des tables rondes et des productions médiatiques. D’autres discussions sur les transformations institutionnelles sont prévues pour 2028, tandis que des propositions concrètes orientées vers les politiques publiques sont attendues d’ici 2030.
La feuille de route pour 2030 vise explicitement à produire des propositions concrètes destinées à être mises en œuvre dans la société, et pas uniquement à alimenter des discussions politiques.
Istanbul, ville historiquement considérée comme un carrefour des civilisations, a été choisie comme ville hôte en raison de sa portée symbolique et culturelle.
Parmi les institutions partenaires figurent le Centre d’études d’Al Jazeera, l’ISAM, l’Université Fudan, l’Université islamique internationale de Malaisie, l’Université de Leeds, l’Université de Shanghai et CLACSO.
La liste des autres partenaires comprend également des organisations telles que SEPHIS, CECIC, Institute of Islamic Thought Malaysia (Institut de la pensée islamique de Malaisie), l’Université islamique internationale d’Indonésie et le Global South Institute (Institut du Sud global).
En parallèle du forum, une exposition intitulée “The Burden of Humanity: Decolonization Today” (Le fardeau de l’humanité : la décolonisation aujourd’hui) ouvrira le 9 mai à la galerie d’art du Centre culturel Ataturk, avec un discours inaugural de Esra Albayrak. L’exposition est organisée par Hasan Mert Kaya.
L’exposition présente le colonialisme comme un système toujours actif et multidimensionnel, à travers des thèmes tels que le pillage, le déplacement culturel et l’exploitation systémique.
Après le forum, les “Journées du film décolonial” se dérouleront les 13 et 14 mai au Cinéma Atlas, avec huit projections gratuites explorant les histoires coloniales de l’Algérie au Congo en passant par l’Australie. Le réalisateur iranien Majid Majidi participera à l’ouverture.
Il prendra également part à des discussions avec le public lors du lancement du programme cinématographique.
Les organisateurs affirment que l’ensemble de ces événements vise à encourager une réflexion critique sur les héritages coloniaux tout en promouvant des systèmes mondiaux de production du savoir plus inclusifs et pluralistes.
















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