Un millier de personnes se sont rassemblées samedi matin à Niamey, capitale du Niger, pour protester contre une résolution du Parlement européen demandant la libération "immédiate" du président nigérien Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023 par l’armée.
Les députés européens ont demandé la semaine dernière à la quasi-unanimité la libération "immédiate et inconditionnelle" de Mohamed Bazoum.
Élu en 2021, renversé par un coup d'État le 26 juillet 2023, il est détenu depuis avec son épouse dans une aile du palais présidentiel à Niamey, capitale du Niger.

Samedi, un millier de personnes, majoritairement des femmes, se sont réunies à l'appel d'organisations de la société civile au centre culturel Djado Sékou, dans le centre-ville de Niamey."
“Les ennemis du Niger: à bas !", "La lutte continue", scandaient-elles, a constaté un journaliste de l'AFP.
Un des représentants des "Forces vives et patriotiques du Niger", nom du regroupement des organisations de la société civile, a lu une déclaration commune aux associations des trois pays de l'AES.
"Nous exprimons notre rejet ferme et sans équivoque de cette résolution, que nous considérons comme une ingérence inacceptable dans les affaires souveraines d'un État membre de la Confédération des États du Sahel", a-t-il dit.

Il a dénoncé un "réflexe paternaliste que nos peuples ont résolument dépassé". "Derrière cette résolution se cache la main de la France refusant d'accepter sa défaite historique dans le Sahel", a-t-il également affirmé.
Paris entretient des relations glaciales avec les pays membres de l'AES, qui ont tous trois fait partir son armée de leur sol. Ils ciblent régulièrement la France de leurs invectives.
Selon la déclaration lue, la France "instrumentalise le Parlement européen pour tenter de reprendre par des manœuvres politiques ce qu'elle a perdu sur le terrain".
D'autres rassemblements doivent se tenir dans l'après-midi et dans la soirée, à Bamako et à Ouagadougou, contre la même résolution européenne.
La société civile nigérienne a par ailleurs annoncé des manifestations samedi 28 mars dans les trois pays de l'AES, notamment pour "exprimer le rejet de toute forme d'ingérence extérieure".
En mars 2025, le Niger a prolongé de cinq ans au minimum sa transition à la tête du Niger, en proie à des attaques terroristes meurtrières qui ne faiblissent pas.













