Par Dr. Mayada Kamal Eldeen
Les conséquences de la tentative de coup d’État perfide orchestrée par l’Organisation terroriste de Fethullah (FETO) en Turquie le 15 juillet 2016 ont marqué un changement de paradigme radical et stratégique dans la politique étrangère turque à l’égard de l’Afrique.
Depuis cet événement, la Türkiye a étendu ses engagements sur le continent au-delà de simples liens commerciaux, institutionnalisant profondément ses relations par des partenariats politiques, militaires, dans l’industrie de la défense et, tout particulièrement, axés sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme.
Le partage de renseignements et les alliances sécuritaires établies pour démanteler les réseaux illicites du FETO à travers l’Afrique ont porté un coup sévère aux opérations de longue date de l’organisation sur le continent.
Le principal catalyseur de ce succès a été la diplomatie active de dirigeant à dirigeant menée personnellement par le président Recep Tayyip Erdoğan. En s’adressant directement à ses homologues africains, le président Erdoğan a présenté des éléments concrets montrant que FETO constitue une menace sophistiquée non seulement pour la Turquie mais aussi pour la sécurité nationale, la souveraineté et l’avenir de chaque État africain qu’il infiltre.
Cette position résolue a trouvé un large écho sur le continent. Par conséquent, tant l’Organisation de la coopération islamique (OCI) que l’Union africaine (UA) ont officiellement désigné le FETO comme organisation terroriste en 2016. Cette décision constitue un témoignage clair de la solidarité forte que les pays africains ont manifestée envers la Türkiye.
Démantèlement des infrastructures de l'organisation
Dès le début de ce processus, plusieurs pays, dont la Somalie, le Soudan, la Tunisie et Madagascar, ont rapidement reconnu la nature réelle de la menace et ont agi immédiatement. En fermant les écoles, associations et entreprises commerciales affiliées au groupe terroriste, ces gouvernements ont transféré les actifs concernés directement à la République de Türkiye.
En revanche, dans des pays comme le Sénégal et la Mauritanie, l’organisation terroriste avait passé des décennies à s’implanter au sein de la bureaucratie locale et des familles élites, menant des opérations clandestines via des établissements éducatifs. Si ces réseaux profondément enracinés ont constitué un défi important pour les structures sociales locales et la sécurité turque, ils ont été démantelés de façon systématique grâce à l’engagement diplomatique persistant de la Türkiye et à des contre‑mesures adaptées.
Le rôle de la Fondation Maarif dans l'éducation
Plutôt que de laisser un vide éducatif en se contentant de fermer ces établissements, la Türkiye a adopté une approche réfléchie en transférant ces institutions à la Fondation Maarif. Cette décision a évité toute rupture dans la scolarité des élèves africains tout en replaçant les écoles dans un système moderne et sécurisé, conforme aux programmes nationaux officiels.
La transition s’est révélée être un atout majeur pour les communautés locales, car les tissus éducatif et social auparavant exploités par le FETO ont été rapidement restaurés par l’action de la Fondation Maarif. Dans ce contexte, la Fondation est devenue le gestionnaire des écoles saisies et le visage de confiance de la diplomatie publique turque dans le domaine de l’éducation internationale.
En mettant en œuvre des programmes centrés sur les sciences, la technologie, des valeurs humaines universelles et un profond respect des cultures locales, la Fondation Maarif de Türkiye a progressivement éradiqué les vestiges de la pédagogie idéologique et manipulatrice du groupe terroriste. Opérant dans le plein respect des lois locales et des droits souverains, cette structure institutionnelle a gagné la confiance tant des citoyens africains que des responsables de l’État grâce à une éducation de qualité, à du personnel enseignant qualifié et à des opportunités de bourses complètes.
En conséquence, la présence de la Fondation Maarif sur le continent a servi non seulement d’antidote aux activités malveillantes, mais a aussi construit un lien durable fondé sur le respect mutuel et des partenariats gagnant‑gagnant non coloniaux.
Divergences régionales et défis
Si la campagne générale contre FETO en Afrique a produit des résultats très positifs, la réponse n’a pas été uniforme en termes de rapidité et de détermination selon les régions. L’intensité du démantèlement a naturellement varié en fonction de la profondeur de l’infiltration des réseaux et des alignements politiques propres aux pays hôtes.
Au final, la campagne inlassable contre les réseaux clandestins du FETO en Afrique s’est déployée selon trois paradigmes distincts basés sur le degré de prise de conscience des pays hôtes : les pays qui ont reconnu la menace directe et ont agi en alignement immédiat avec la Türkiye ; ceux qui ont d’abord hésité, mais ont fini par transférer les écoles ; et ceux où l’organisation continue de se protéger derrière une infiltration profonde et des barrières juridiques ou politiques. Malgré des poches de résistance régionales isolées, la prise de conscience que le FETO opère comme une entreprise criminelle et terroriste de portée mondiale progresse chaque jour en Afrique, et le processus de liquidation se poursuit avec une détermination ferme.
La solidarité affichée par le continent à la suite de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 demeure un jalon historique, élevant les relations Turquie‑Afrique à un partenariat ancré dans la confiance mutuelle et une vision partagée de la sécurité.
L'auteure, Dr. Mayada Kamal Eldeen, est professeure associée de science politique et de relations internationales à l'Université Tokat Gaziosmanpaşa, en Türkiye.
Avertissement : les opinions exprimées par l'auteure ne reflètent pas nécessairement les opinions, points de vue et lignes éditoriales de TRT Afrika.





















