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AFRIQUE
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Conflits, exil et maternité : le drame silencieux des femmes africaines
Selon l'Organisation mondiale de la santé, près des deux tiers des décès maternels dans le monde surviennent dans des pays touchés par des conflits ou une grande fragilité.
Conflits, exil et maternité : le drame silencieux des femmes africaines
En République centrafricaine, 829 femmes meurent pour 100 000 naissances, un taux parmi les plus élevés au monde. / AP

Pour Maude Ahmad Fadala, réfugiée soudanaise en République centrafricaine, l'accouchement s'est transformé en épreuve de survie.

Affaiblie par la typhoïde et sans accès à des soins médicaux, elle a dû marcher seule vers un hôpital avant de donner naissance en pleine rue. Son histoire illustre une réalité alarmante : en Afrique subsaharienne, les conflits armés rendent la grossesse et l'accouchement de plus en plus dangereux.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, près des deux tiers des décès maternels dans le monde surviennent dans des pays touchés par des conflits ou une grande fragilité. Chaque année, environ 182 000 femmes meurent de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement en Afrique subsaharienne, soit 70 % des décès maternels mondiaux.

En République centrafricaine, 829 femmes meurent pour 100 000 naissances, un taux parmi les plus élevés au monde. Les années de conflits internes ont fragilisé le système de santé, tandis que les coupes récentes dans l'aide humanitaire internationale ont aggravé la situation.

Dans la ville frontalière de Birao, plusieurs centres de santé et espaces d'accompagnement pour femmes enceintes ont fermé, laissant des milliers de réfugiées soudanaises sans assistance.

Les conséquences sont dramatiques. De nombreuses femmes arrivent à l'hôpital au dernier moment, après de longues marches ou des trajets éprouvants à moto. Certaines perdent leur bébé, d'autres leur propre vie, faute de suivi prénatal ou d'intervention médicale rapide. Plus de 40 % des accouchements en Centrafrique ont encore lieu hors des structures de santé.

Chaque année, environ 182 000 femmes meurent de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement en Afrique subsaharienne, soit 70 % des décès maternels mondiaux.

OMS

Victimes invisibles

Cette crise dépasse largement la Centrafrique. Du Soudan à la RDC, du Sahel au Mozambique, les conflits déplacent des millions de personnes et détruisent les infrastructures sanitaires. Les femmes enceintes deviennent alors les premières victimes invisibles des guerres africaines.

Alors que l'Afrique connaît la croissance démographique la plus rapide au monde, la réduction des financements humanitaires risque d'annuler des années de progrès dans la lutte contre la mortalité maternelle. Pour de nombreux pays africains, l'enjeu n'est plus seulement de construire des maternités, mais de garantir leur fonctionnement même en période de crise.

Derrière les statistiques se cachent des milliers de destins comme celui de Maude Fadala : des femmes contraintes de donner la vie au milieu de la guerre, de l'exil et de l'abandon. Une réalité qui rappelle que la santé maternelle demeure l'un des grands défis du développement africain.

SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Afrika and agencies