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AFRIQUE
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Le Nigeria s'excuse pour la controversée cérémonie de couronnement d'un "roi" en Afrique du Sud
La cérémonie de couronnement a suscité la condamnation des habitants locaux et des autorités sud-africaines, qui la considèrent comme un "manque de respect" envers les lois sud-africaines et les traditions de la communauté locale.
Le Nigeria s'excuse pour la controversée cérémonie de couronnement d'un "roi" en Afrique du Sud
Solomon Ogbonna Eziko du Nigeria a été intronisé en tant que chef traditionnel de la communauté Igbo en Afrique du Sud le 24 mars 2026. / User Upload
il y a 5 heures

Le Nigeria s'est excusé auprès des autorités sud‑africaines suite à la controverse provoquée par la couronnement d'un Nigérian en tant que « roi » dans la province du Cap‑Oriental, en Afrique du Sud.

Le chef Solomon Ogbonna Eziko a été intronisé « Igwe Ndigbo Na East London », ce qui signifie littéralement le chef traditionnel igbo d'East London, une ville de la province du Cap‑Oriental, le 14 mars 2026.

Cette cérémonie a suscité la condamnation des habitants et des autorités sud‑africaines, qui y voient un « manque de respect » envers les lois sud‑africaines et les traditions de la communauté locale.

La cérémonie a depuis dégénéré en manifestations violentes dans les rues de certaines parties du Cap‑Oriental depuis lundi, avec des signalements de blessés et de destruction de biens appartenant à des étrangers, notamment dans la ville de KuGompo.

Appels au calme

Les autorités ont appelé au calme. La haute commission nigériane à Pretoria, qui s'est désolidarisée de l’évènement, a conseillé aux Nigérians de faire preuve de vigilance en matière de sécurité.

Le chargé d'affaires par intérim adjoint, Olajide Ogunmadeji, a également présenté les excuses du Nigeria aux institutions traditionnelles sud‑africaines, en précisant que la haute commission était en consultation avec les autorités sud‑africaines pour résoudre la situation.

« Nous présentons nos excuses pour tout ce qui s'est passé. L'ambassade ne cherchera en aucun cas à saper leur autorité ni leurs institutions traditionnelles. Non, nous ne ferons pas cela », a déclaré Ogunmadeji, selon le diffuseur public sud‑africain SABC.

Des membres de la communauté nigériane vivant en Afrique du Sud ont également présenté des excuses, affirmant que l'intronisation du leader igbo avait été mal comprise.

« Ambassadeur culturel »

S'exprimant plus tôt auprès de la chaîne sud‑africaine Newzroom Afrika, le dirigeant du Nigerian Union South Africa, organisme qui regroupe les Nigérians vivant en Afrique du Sud, Smart Nwobi, a précisé que le titre d'« Igwe » conféré à cet homme n'avait pas pour intention d'être un « roi » au sens strict.

Le leader nommé devait plutôt agir comme un « ambassadeur culturel » pour promouvoir l'identité culturelle et l'unité, à l'instar de ce que font les communautés nigérianes de la diaspora dans certains autres pays.

Nwobi a ajouté que l'intention n'était pas de créer une direction traditionnelle « parallèle » ni de « provoquer » les Sud‑Africains.

Il a ensuite transmis les excuses des Nigérians en Afrique du Sud « pour tout désagrément que cela aurait pu causer », en soulignant leur engagement à respecter les lois et les valeurs sud‑africaines.

Des dizaines de milliers de Nigérians vivent en Afrique du Sud, principalement comme hommes d'affaires ou étudiants.

Titre royal

« Igwe » est un titre royal reconnu dans les communautés igbo au Nigeria, désignant un roi ou un chef traditionnel, gardien de la culture, des traditions et des valeurs du peuple igbo.

Le terme est aussi souvent employé pour témoigner du respect et équivaut à « Votre Altesse » ou « Sa Majesté ». Cependant, il n'est pas reconnu dans le système sud‑africain.

Comme dans la plupart des pays africains, l'établissement d'une autorité traditionnelle en Afrique du Sud exige une lignée reconnue, l'aval des structures traditionnelles existantes et une approbation officielle du gouvernement.

Certains observateurs estiment que la controverse entière aurait pu être évitée si les organisateurs de la cérémonie avaient contacté les autorités locales avant l'événement.

SOURCE DE L'INFORMATION:TRT Afrika and agencies