Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Photo/illustration

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio et le président kenyan William Ruto ont appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) lors d'un appel téléphonique, a annoncé le département d'État.

"Le secrétaire d'État Marco Rubio s'est entretenu avec le président kenyan William Ruto du conflit en cours dans l'est de la République démocratique du Congo, notamment de la prise inacceptable de Goma et de Bukavu par le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda", a déclaré le département d'État vendredi.

"Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté d'œuvrer en faveur d'une résolution diplomatique de la crise".

Les États-Unis ont déclaré un jour plus tôt qu'ils imposaient des sanctions à un ministre du gouvernement rwandais et à un membre important d'un groupe armé pour leur rôle présumé dans le conflit.

Dans une note diplomatique consultée par l'agence de presse Reuters au début du mois, les États-Unis ont déclaré que la stabilité dans la région nécessiterait que l'armée rwandaise "retire ses forces et ses armes de pointe" de la RDC.

Vendredi également, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné pour la première fois le Rwanda pour son soutien à l'offensive des rebelles du M23 contre la RDC voisine, appelant Kigali à retirer immédiatement ses troupes.

La résolution, qui "condamne fermement l'offensive en cours et les avancées des rebelles du M23 dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu avec le soutien des forces de défense rwandaises", a été adoptée à l'unanimité.

Elle "appelle également les Forces de défense rwandaises à cesser de soutenir le M23 et à se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans conditions préalables".

Les combattants du M23 ont pris le contrôle de Bukavu, la capitale provinciale du Sud-Kivu, dimanche dernier, quelques semaines après s'être emparés de Goma, la capitale du Nord-Kivu et principale ville de l'est du pays. Photo : AFP

"Presque aucun soldat congolais ne se bat"

Cett résolution est intervenue après que les combattants du M23 ont progressé sur plusieurs fronts vendredi.

Le mouvement M23, soutenu par quelque 4 000 soldats rwandais, selon les experts de l'ONU, contrôle désormais de larges pans de l'est de la RDC, une région troublée et riche en ressources naturelles.

Son avancée rapide a fait fuir des milliers de personnes. Dimanche dernier, les combattants ont pris le contrôle de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, quelques semaines après s'être emparés de Goma, capitale du Nord-Kivu et principale ville de l'est du pays.

Le Conseil de sécurité avait précédemment appelé à un "cessez-le-feu immédiat et inconditionnel" de la part de toutes les parties, mais vendredi, tous les pays, y compris les trois membres africains, ont pointé du doigt Kigali.

Les gains récents ont permis au M23 de contrôler le lac Kivu à la suite de son offensive éclair dans l'est. Selon l'ONU, les derniers combats ont provoqué l'exode de plus de 50 000 Congolais vers le Burundi, l'Ouganda et d'autres pays.

L'Union européenne a convoqué vendredi l'ambassadeur du Rwanda pour demander à Kigali de retirer ses troupes du pays et de cesser de soutenir le groupe armé.

Depuis la chute de Bukavu, les forces armées de la RDC battent en retraite sans opposer de résistance significative.

"Presque aucun soldat congolais ne se bat", a constaté vendredi un observateur, ajoutant que “les seuls qui se battent encore sont les milices Wazalendo, pro-Kinshasa”.

L'Ouganda nie avoir l'intention de combattre le M23

La ville de Masisi, dans le Nord-Kivu, et ses environs "sont le théâtre d'affrontements quasi quotidiens" entre le M23 et les Wazalendo, a renseigné l'organisation caritative médicale MSF.

Le M23 se dirige maintenant vers la ville d'Uvira, près de la frontière burundaise, à l'extrémité nord-ouest du lac Tanganyika, principale voie de sortie pour les soldats congolais en fuite.

Une source de la municipalité d'Uvira a confié vendredi que le commandant militaire avait pris "des mesures pour sécuriser la population et ses biens", ajoutant que "des éléments indisciplinés avaient été arrêtés".

Les analystes se demandent comment l'armée ougandaise, qui est également entrée dans une ville de l'est de la RDC, réagirait si elle rencontrait des combattants du M23.

Des experts de l'ONU accusent Kampala d'entretenir des relations avec le M23, tout en cherchant à protéger son influence dans la région.

Le président ougandais Yoweri Museveni a démenti vendredi que ses troupes aient l'intention de combattre le M23.

TRT Afrika et agences